On achète en ligne ou en boutique ?

 

Ahh le 19 mai ! ou le 22, ou le 25 : à nous l’air frais, les balades, les rires en terrasse, les virées en boutique. On va bientôt pouvoir sortir de nos tanières, toujours bien protégés mais plus libres que depuis un an. On a hâte mais la question se pose pour cette virée shopping : est-il plus responsable d’acheter en boutique ou de faire ses emplettes en ligne comme on en a pris l’habitude ? 
La réponse n’est pas simple. Les 2 méthodes ont leurs bons et mauvais côtés, et cela dépend de plusieurs choses: l’endroit où l’on vit, le mode de transport qu’on choisit, le nombre de produits qu’on achète ou encore le fait de rendre ou non son achat ensuite. 

Le transport

Si on prend sa voiture pour acheter un tee-shirt, clairement le bilan est mauvais. Heureusement une étude réalisée en 2019 par Deloitte pour le gros propriétaire foncier Simon établit qu’en moyenne les visiteurs des centres commerciaux achètent 3,5 produits par voyage, ce qui veut dire moins de transport et donc moins d’émissions carbone. Si on va en boutique et qu’on y va en voiture, l’idée est donc de le faire moins souvent pour grouper les achats, et idéalement de mêler les plaisirs: en profiter pour déjeuner entre amis, passer à la banque, la Poste, choisir une boutique proche du bureau ou de l’appart de la cousine à laquelle on rend visite. Bien sûr si on peut y aller en marchant ou à vélo c’est idéal ! Les transports en commun sont aussi toujours une meilleure option que la voiture solo ; un petit podcast dans les oreilles et on y est.


Si on se fait livrer à domicile, il y a aussi un impact carbone, notamment sur le fameux dernier kilomètre que le produit parcourt pour arriver chez nous. Enfin ça reste moins mauvais pour la planète que plusieurs personnes qui vont séparément en boutique en voiture, car la chaîne logistique permet de grouper les envois jusqu’à un certain point. 

Choix intéressant donc, et qui est bien pratique mais si c’est le vôtre pas question que le colis trouve porte close et doive être re-livré ensuite, sinon bonjour l’impact. Du coup on s’organise en fonction: soit on est là, soit un sympathique voisin est prévenu, soit on opte pour du relais colis qu’on récupère (à pied ou en vélo :)) à peu près quand on le souhaite.

Là aussi, mieux vaut commander plusieurs produits à la fois et le faire moins souvent pour minimiser l’impact. Selon une étude du cabinet de conseil Bain, doubler le nombre moyen de produits qu’on achète en ligne réduirait les émissions carbones par produit de 30%... le tout bien sûr si vous comptiez quoi qu’il en soit acheter le second produit ! Sinon c’est de la surconsommation et ça n’a pas de sens.

On ajoute qu’on dit CIAO aux options de livraison express car en général plus le délai est court plus la livraison pollue : l’entreprise a moins de flexibilité pour s’organiser et le livreur peut être amené à se déplacer pour un seul produit. Si on a besoin d’une nouvelle paire de chaussures ou d’une yaourtière - oui, c'est l’achat mère-grand qu’on vous conseille clairement ;) - on peut sans doute attendre 3-4 jours, un colis qui se fait désirer ce n’est pas plus mal et ça a un bien meilleur impact sur notre planète. D’ailleurs on en parlera mais la team du Philanthrope est même adepte de la pré-commande ; elle nous fait attendre notre achat plusieurs semaines mais comme on est prévenus d’emblée quel est le problème ? Et c’est plutôt agréable de se dire qu’un produit est comme créé pour nous et qu’on évite tout gâchis. 

Les retours

Gérer au mieux le transport et grouper ses commandes pour un achat raisonné, ce n’est donc pas sorcier, ça demande juste de s’organiser un peu. Mais un autre point clé intervient : la gestion des retours. Et oui ! Si on fait tout ça pour renvoyer le produit c’est très bof, et en même temps qui n’a jamais renvoyé une robe canon sur le papier mais décevante à l’essayage ? L’idée est donc de limiter les retours, dans la mesure du possible. Là l’intérêt de la boutique apparaît clairement : on essaye direct donc pas de mauvaise surprise normalement. Une étude de Deloitte le confirme en disant que pour un produit acheté en boutique le taux de retour est de 7%, contre 40% pour de l’achat online (Bon, on prend ces chiffres avec des pincettes car pour la mode en France selon ce qu’on voit le taux de retour est plutôt de 20-25%. Enfin ça ne change pas l’idée: les retours c’est galère et la planète n’aime pas). Le rapport va plus loin en affirmant que si un client achète 4 articles et en retourne 2 car la taille ou la couleur ne va pas, l’impact est 70% plus fort comparé à un achat en boutique qu’on garde ensuite
Mauvais impact quand on retourne le produit, et mauvais impact causé par ce qui lui arrive ensuite, comme certaines marques jettent voire brûlent les produits retournés. OMG. La fin de vie des produits est un vrai sujet (à creuser ensemble vite dans un autre article) et M6 révélait l’an dernier dans Capital qu’Amazon jette purement et simplement environ 3M de produits neufs mais invendus par an rien qu’en France.

Bien réfléchir avant d’acheter pour éviter d’avoir à renvoyer, c’est noté ! Selon la plateforme Shopify 89% des personnes qui achètent sur internet ont renvoyé au moins un produit au cours des 3 dernières années, ohlala. Mais pas de panique on sait comment limiter ça : si vous avez de gros doutes sur la qualité ou la taille du produit, l’idéal est sans doute d’aller en boutique, et de ne pas y aller que pour ça ni en voiture dans la mesure du possible. Sinon l’achat en ligne est idéal, tant qu’on achète dans tous les cas que des choses dont on sait qu’elles vont vraiment nous servir. Pour ça rien de plus simple, petit rappel de la méthode Bisou bien utile avant tout achat:

  • B comme BESOIN > en ai-je vraiment besoin ?
  • I comme IMMEDIAT > mais genre maintenant ?
  • S comme SEMBLABLE > je n’ai pas déjà quelque chose dans ce style ? 
  • O comme ORIGINE > ok mais ça vient d’où ? comment, où et par qui ce produit a t il été créé ? 
  • U comme UTILE > ce produit va-t-il m’être réellement utile ? 
Et en bonus comme un bisou est toujours mieux accompagné: 
  • S comme SOLIDAIRE > ce produit soutient-il un projet solidaire / à impact ? 

Enfin, si on doit vraiment renvoyer son produit, on en prend bien soin pour qu’il revienne comme il est arrivé, comme ça si la marque est sensée elle peut le remettre en vente et faire un heureux ou une heureuse. Et pour éviter les soucis de taille si on est très attaché à une marque qui a des points de vente on peut y passer une fois pour essayer divers modèles et connaître sa taille, et quoi qu’il en soit si on a un doute avant de cliquer sur acheter on peut prendre le temps d’interroger le site sur lequel on achète (chez nous par exemple c’est simple via ce formulaire: une petite question et hop on vous aide) ; avoir une réponse précise prend en général 24h max et on est rarement à ça près.

Le packaging

Mode de transport, nombre de produits, retours, on a fait le tour ? Ah non, dernière chose à prendre en compte: le packaging. Il peut avoir un fort impact donc on va vers les marques qui y font attention et qui s’attachent à n’utiliser que des packagings responsables: éco-conçus, recyclables, etc. Une foule de matériaux à faible impact existe donc il suffit de les utiliser, et les marques que vous trouverez sur Le Philanthrope l’ont bien compris. 

En résumé

Pour se décider, on part de là où l'on se trouve:

  • Si on est à la campagne loin des commerces, l'achat en ligne a probablement le meilleur impact environnemental, à condition de grouper les achats et de privilégier autant que possible les entreprises responsables, ne serait-ce que pour le packaging. Si l’option relais colis est disponible, on la choisit car elle permet de limiter l’impact du transport: le livreur ne fait qu’un trajet pour plusieurs colis et vous, vous y allez à pied ou en vélo la plupart du temps. Et - mais ça vaut pour tout achat - ne surconsommons pas ! Si on va en boutique on y réfléchit pour grouper au maximum ses achats et ne pas faire mille aller-retours, et on privilégie les transports peu polluants ou partagés.
  • Si on est proche des boutiques, pour un achat simple on prend ses pieds, sa trottinette ou les transports en commun et on y va. Idem si on doute vraiment de la marque, de sa qualité ou du taillage d’un produit. Sinon on peut acheter en ligne, toujours idéalement auprès d’entreprises responsables, en regardant bien les détails et visuels produits pour éviter les mauvaises surprises, en anticipant pour grouper ses achats et éviter d’avoir à commander en livraison trop rapide, et en étant au rendez-vous quand le colis arrive. Easy baby !

 

Sur ce point de la livraison pas trop speed on insiste car c’est vraiment important. On le disait plus haut mais l’achat en ligne a en général un meilleur bilan écologique que l’achat en magasin (à condition de ne pas se faire livrer en express), SAUF si la boutique est au coin de la rue. On est pas les seuls à le penser: une étude du très sérieux MIT Centre for Transportation and Logistics montre que les achats en ligne ont une empreinte carbone moins importante que ceux réalisés en boutique physique, sous réserve de ne pas utiliser les options d’envoi express et de désistement (en plus souvent l’express coûte plus cher donc double peine). 


Vous entendrez mille autres arguments pour ou contre l’achat en ligne, du ça évite d’aller en boutique qui doit être chauffée ou climatisée toute l’année et ça consomme ! ou ça permet d’accéder à plus de marques responsables que le commerce physique et même oula mais avec les gros sites, les data centers, le secteur du numérique pollue énormément. On a choisi ici ceux qui nous paraissent les plus pertinents pour faire les bons choix et aider à consommer de façon plus responsable, en protégeant la planète. On espère que ça vous aidera. Dites-nous si ce type de sujet vous intéresse, sur instagram ou ici, et n'hésitez pas à nous poser toutes vos questions, on adore y réfléchir avec vous ! Merci et à très vite,


La team du Philanthrope